
à gyotakus épargnés
Six
gravures de poissons imprimées en taille d’épargne illustrent ce
titre et sont capturées dans l’épave d’un filet de pêche
industrielle trouvé sur une grève.
Ces gyotakus épargnés et estampillés d’une valeur faciale de 1 à 6 sont proposés dans une installation où leurs tirages pressés sur du papier d’art encadrent un placard explicatif. D’autres gyotakus imprimés sur divers papiers d’emballage récupérés échouent dans les mailles d’un filet reconstitué à partir de morceaux de son espar à moitié enfoui dans le sable d’une plage de l’Île de Ré. Surmontant ce filet et suspendu au plafond de la salle d’exposition, un kakémono publicitaire incite le visiteur à l’achat de ces empreintes. Sous le placard explicatif un tronc cubique l’invite à choisir parmi les gyotakus prisonniers de ce filet et à verser son obole dans ce tronc en échange de l’un ou plusieurs d’entre eux au prix de leur valeur faciale.
Placard explicatif
Ces gyotakus épargnés illustrent deux paradoxes de notre temps. Dans le domaine de l’art, une surabondance de l’offre coexiste face à une rareté de la demande. En effet, qui demande des empreintes de poissons ? Personne ! Sinon cela se saurait. Tel est le paradoxe de l’estampe d’aujourd’hui : le riche amateur d’art recherche la pièce unique, celle qui sera la source phénoménale d’une hausse faramineuse de son prix et, par conséquent, de l’accroissement de son futur patrimoine. Hélas, la multiplication des gyotakus présentés ici et leur prix modique gravé sur leur face, handicapent initialement cette recherche spéculative et en interdisent les effets. A l’issue de l’exposition, faute d’avoir retenu dans son filet de nombreux acheteurs, le stock d’estampes, proposées aux visiteurs, risque fortement de rester sur les bras de l’installateur. L’estampe ne nourrit plus son homme ni son épouse ni ses enfants. Du poisson pour tous ! Là , réside le second paradoxe fondamental que met en évidence cette présentation. À l’heure où la voracité des civilisations humaines pollue sans vergogne les océans, il ne subsistera bientôt plus des poissons qui les peuplent, que ces empreintes dérisoires rassemblées dans nos filets de pêche ou accrochées sur nos murs... Gyotakus épargnés !
Cette installation a été accrochée à la galerie L'entr@cte de Ville d’Avray pendant l’exposition « La main qui trace... la main qui grave » du 21 octobre au 7 novembre 2021 une deuxième fois et une première fois à La Celle Saint-Cloud pendant l’exposition « La taille d’épargne – métamorphose du vide » du 19 janvier au 17 février 2019. Une courte vidéo sur cette installation est proposée ci-dessous.
Notice :
2018 « Gyotaku 1 », « Gyotaku 4 », « Gyotaku 5 », gravures sur linoléum, format 16x26 cm, imprimées en taille d’épargne à 3 exemplaires sur du papier Japon Bamboo Awagami de 170g avec de l’encre noire carbone typographique de Gerstaecker, « Gyotaku 2 », « Gyotaku 3 », « Gyotaku 6 », gravures sur linoléum, format 16x26 cm, imprimées en taille d’épargne à 3 exemplaires sur du papier Japon Bamboo Awagami de 170g avec de l’encre noire carbone typographique de Gerstaecker. Disponible à la vente chaque au prix de 100 € frais de port en sus. Toutes ces estampes sont disponibles et à commander par contact.
2018 les mêmes gravures imprimées au coup de planche en taille d’épargne en plusieurs dizaines d’exemplaires sur divers papiers d’emballage récupérés avec de l’encre noire carbone Joop Stoop Gutenberg.
Les commentaires sont fermés.
Fil RSS des commentaires de cet article